Les conséquences à (plus) long terme du changement climatique

La majeure partie du débat politique concernant les mesures d’atténuation* et d’adaptation* à prendre face aux changements climatiques s’appuie sur des données récoltées sur les 150 dernières années, par exemple des mesures de température. Sont aussi utilisées les projections climatiques pour les 85 prochaines années, à l’horizon 2100.

Parallèlement aux conséquences du changement climatique à moyen terme sur notre planète, des scientifiques établissent des scénarios pour élargir notre champ de vision au-delà de l’horizon 2100 et envisager les scénarios du futur. Ces études fournissent des informations cruciales pour éclairer le destin de long terme du climat de la Terre et le débat public sur les mesures à prendre.

L’étude basée sur des simulations numériques considère 4 scénarios d’émissions totales de carbone émis dans l’atmosphère. Elle démontre que même si nous utilisons environ 15 % des ressources existantes, des modifications très conséquentes de notre environnement sont à prévoir : une forte probabilité de dépasser la limite des +2 °C inscrite dans l’Accord de Paris et une hausse globale du niveau de la mer d’une dizaine de mètres. Dans ce scénario d’émissions réduites, la population habitant en 2010 des terres ultérieurement submergées par la future montée des eaux est de 1,3 milliard. Ce scénario nous laisse émettre encore 1,5 fois la quantité totale de CO2 émise depuis le début de la révolution industrielle ce qui, au rythme actuel d’émission, prendrait environ 70 ans, après quoi toute émission devrait cesser.

Le scénario le plus pessimiste, l’utilisation de 70 à 90 % des ressources existantes, conduirait à une hausse de température dépassant très probablement 5 °C pendant plus de 10 000 ans. Parallèlement, il faudrait s’attendre à une hausse du niveau global de la mer de 2 à 4 mètres par siècle durant le prochain millénaire. La mer finirait par dépasser son niveau actuel de 25 à 50 m.

L’ensemble de ces résultats vient confirmer l’importance d’une action efficace pour laisser enfouie une part aussi grande que possible du combustible fossile disponible. À l’inverse, se contenter de réduire, même de manière importante, les taux d’émission ne résout rien sur la longue durée.

Pour bien comprendre ces effets de long terme de nos émissions actuelles, il faut prendre en considération deux facteurs : 1) une grande partie du CO2 anthropique que nous émettons reste actif dans l’atmosphère pendant des temps très longs ; 2) le système climatique terrestre possède une inertie très grande (essentiellement due à l’océan) de telle sorte que, lorsqu’il est perturbé, il met de nombreux millénaires à s’ajuster, par exemple en température.

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Il en résulte que les générations actuelles et celles de nos enfants ne subiront qu’une petite part des conséquences des émissions actuelles de CO2 anthropique. La majeure partie de ces conséquences sera subie par les descendants de nos enfants pendant des centaines de générations. Les auteurs invitent donc à une présentation des risques climatiques qui ne se limite pas aux 85 prochaines années afin que les décisions prises et les débats publics qui les accompagnent intègrent les conséquences de très long terme des émissions actuelles.

 


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