Le 27 avril 2026, 175 conseillers ont pris leurs fonctions au Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour un nouveau mandat. Parmi eux, un nouveau visage : la Plateforme Océan & Climat, représentée par Anaïs Deprez. Cette nouvelle étape est l’occasion pour nous de revenir sur ce qu’est le CESE et la place qu’y occupe la POC. 

Qu’est ce que le CESE ? 

Troisième assemblée constitutionnelle aux côtés de l’Assemblée nationale et du Sénat, le CESE est l’assemblée dédiée à la société civile. Ses 175 conseillères et conseillers, désignés pour un mandat de cinq ans, représentent les principales composantes de la société civile, réparties en quatre collèges — entreprises, syndicats, associations et environnement. 

Plusieurs missions leur sont confiées, notamment : éclairer et évaluer la décision publique,  en formulant des avis et des recommandations  sur les grands enjeux économiques, sociaux et environnementaux, faire dialoguer les forces vives de la société, en confrontant leurs analyses, leurs expériences et leurs propositions pour faire émerger des réponses d’intérêt général, et renforcer la participation citoyenne, en associant citoyennes et citoyens à certains de ses travaux, notamment à travers les conventions citoyennes (ex. la Convention citoyenne pour le climat, etc.), ainsi que des consultations et autres dispositifs participatifs.
En somme, le CESE est un espace singulier d’expertise et de dialogue, où se construisent des positions communes appelées à éclairer les pouvoirs publics. 

Comment fonctionne le CESE ? 

Les conseillers et conseillères sont répartis en 21 groupes, constitués selon leurs affinités et leurs sensibilités, pour échanger, débattre et construire des positions communes. Chaque conseiller participe à au moins une des sept commissions permanentes - dont une dédiée à l’environnement, auxquelles s’ajoutent trois délégations transversales consacrées aux Outre-mer, aux droits des femmes et aux droits des enfants.
Le CESE peut être saisi par le Gouvernement ou le Parlement pour contribuer à l’élaboration des politiques publiques. Depuis le début de la mandature, il l’a notamment été sur la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, le logement, ou encore plus récemment sur l’infertilité, l’adaptation au changement climatique et les zones humides. Il peut également décider de se saisir lui-même d’un sujet qu’il considère comme important pour la société et qui appelle l’attention des pouvoirs publics.

Qu’ils répondent à une saisine ou qu’ils soient de son initiative, ces travaux sont conduits collectivement au sein des formations de travail. Auditions, échanges avec les acteurs concernés, travaux d’expertise et débats entre conseillers permettent d’élaborer des analyses et des recommandations. Une fois adoptés, ces travaux sont transmis et portés auprès des pouvoirs publics et peuvent contribuer à faire évoluer les politiques publiques, comme à faire émerger de nouveaux sujets.

Un mandat ancré dans la continuité du travail institutionnel de la POC 

L’entrée de la POC au CESE s’inscrit dans la continuité de son action à l’échelle nationale et internationale. En effet, elle coordonne le Comité France Océan (CFO) depuis 2020 et siège dans plusieurs instances nationales telles que le Comité national de la mer et des littoraux (CNML), le Comité national du trait de côte (CNTC), le Comité national de l’initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR) et le Conseil national du développement et de la solidarité internationale (CNDSI). Elle est également active à l’échelle internationale au sein des conventions des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et sur la diversité biologique (CDB), et dispose du statut d’observateur auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC). 

Fort de cette expertise et de sa capacité à fédérer un réseau de 120 organisations, la POC est nommée par le Président de la République et le Premier ministre en février 2026 pour siéger au CESE jusqu’en 2031. Cette première mandature est marquée par l’élection de Claire Thoury, représentante du Mouvement associatif et première femme à occuper la fonction de présidente du Conseil, portant l’ambition d’en faire une « chambre d’écho du réel ». 

Représentée par Anaïs Deprez, engagée pendant huit ans au sein de l’association pour animer son réseau et sensibiliser les décideurs et la société civile aux enjeux océan-climat-biodiversité, la POC a intégré le Groupe Environnement et Nature (GEN) du CESE. Il rassemble 19 membres issus de mouvements citoyens et d’acteurs majeurs de la protection de la nature et de la transition écologique. Forte de son expérience, Anaïs Deprez a été élue pour présider ce groupe, dont l’enjeu principal durant la mandature sera de mobiliser les acteurs du Conseil autour des enjeux climatiques et de la préservation du vivant.

Porter les enjeux océan-climat dans les travaux du CESE

Au cours des années à venir, la POC entend faire vivre les enjeux océan-climat. Cet engagement prendra notamment corps au sein de la commission Environnement et de la délégation aux Outre-mer du CESE, où elle participera aux premiers travaux de la mandature sur des enjeux tels que l’adaptation au changement climatique, les zones humides ou encore la justice environnementale
Au-delà de ces travaux, elle s’attachera à faire émerger et à favoriser une meilleure prise en compte des enjeux portés par son réseau : les liens intrinsèques entre l’océan, le climat et la biodiversité, la place de la science dans la décision publique, mais aussi la prise en compte des dynamiques et engagements internationaux qui structurent l’action climatique, la protection de la biodiversité et la gouvernance de l’océan.

L’objectif est de faire du CESE un espace où l’océan est pleinement pris en compte, tout en renforçant les liens entre science, société civile et décision publique. La POC pourra ainsi contribuer, aux côtés des autres organisations représentées au CESE, à faire émerger des réponses collectives aux transformations auxquelles nos sociétés sont confrontées.